Archives Mensuelles: avril 2013

GitHub, outil collaboratif au service de la démocratie.

http://www.ted.com/talks/lang/fr/clay_shirky_how_the_internet_will_one_day_transform_government.html

Voici une conférence TED qui nous fait découvrir les nouvelles voies ouvertes par la communauté open source pour développer des systèmes démocratiques. C’est en partie grâce à Linus Torvalds, le fondateur de Linux qu’est né GitHub, un outil collaboratif pour développeurs internet, mais qui peut être utilisé pour divers projets, comme l’élaboration d’un projet de loi par exemple.

En cela, cet outil rappelle ce qui est en train de se développer autour du concept de démocratie liquide, en ce sens que tout le monde peut participer, mais il n’est pas fait mention d’un système de vote ou de délégation du vote. Néanmoins, c’est extrêmement plaisant de voir que de telles initiatives fleurissent partout à travers le monde et qu’elles bénéficient d’une grande audience via de larges canaux de diffusion.

Je vous laisse avec Clay Shirki pour la présentation.

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Une fausse bonne proposition de loi

A peine la loi sur le mariage pour tous entérinée par l’Assemblée Nationale, voici qu’une nouvelle proposition de loi risque de faire parler d’elle à plusieurs titres.

D’abord sur la forme, puisque les députés à l’initiative de la loi, Mrs Gilbert Collard et Jacques Bompard, sont classés à l’extrême droite de l’échiquier politique. Ensuite sur le fond, puisque la proposition de loi vise à modifier la constitution pour y inscrire le référendum révocatoire pour le Président de la République.

Nous avons donc de bons ingrédients pour en faire le prochain sujet chaud sur lequel les médias pourraient se déchainer allègrement. Si tel était le cas, je crains malheureusement que, ce qui aurait pu constituer une excellente tribune pour traiter d’une (vraie) question de droit politique fondamental, le contrôle des représentants par les citoyens, ne risque de se voir transformer en parodie de débat par les éditocrates des médias mainstream.

Je vois au moins 2 raisons à cela :

  • Les personnalités à l’origine de la proposition seront diabolisées à cause de leur appartenance politique. Je ne serais pas étonné si les papiers et autres émissions qui pourront être consacrés à ce sujet choisissent en préambule de dresser un portrait à charge sur le parcours politique des 2 bougres. Ce stratagème bien connu aura pour objectif de discréditer l’idée auprès d’une large partie de l’audience avant même de commencer à analyser la question de fond. On fera donc passer cette proposition de loi pêle-mêle comme un danger pour la >démocratie<, un affreux risque de dérive populiste rappelant les heures les plus sombres de notre histoire (les spécialistes de la désinformation adorent cette phrase), on évoquera la nécessité de garder un cap politique clair en ce temps de crise, on ne manquera pas non plus de mentionner que cela pourrait envoyer un signe négatif au Marché, que l’Europe n’a pas besoin qu’un de ses 2 piliers rentre dans une crise de gouvernance etc etc
  • Je ne doute pas non plus que dans un deuxième temps, on cherchera des exemples dans les pays disposant de cette procédure pour montrer que ça ne fonctionne pas et l’on essayera de montrer que ça ne correspond pas à la tradition politique française. On écartera ainsi définitivement le problème d’un deuxième revers de la main, au lieu par exemple, de traiter la question du droit que s’arrogent les >représentants< du peuple de modifier la constitution sans son consentement.

Si au premier abord j’avais eu un sentiment mitigé en découvrant cette information, après réflexion il n’en est plus rien. D’une part, parce que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir et que j’ai du mal à ne pas voir dans l’action de ces 2 députés autre chose que des visées électoralistes. D’autre part, même si je reconnais qu’ils ont le mérite de proposer une loi que je juge bonne, je regrette qu’elle se limite à la seule révocation du président de la République. En effet, on eu aimé que la proposition de loi intègre des dispositions relatives à la révocation des députés ne respectant pas leurs engagements. Mais bien évidemment, on ne pouvait pas s’attendre à ce que ces messieurs proposent une mesure qui puisse les mettre au chômage à tout moment. Cela ne fait que renforcer chez moi la conviction que nous devons écrire nous même notre contrat social pour nous mettre à l’abri des voleurs de pouvoir !

Certes je viens de faire un beau délit d’intention sur ce qui pourra être dit dans les grands médias sur ce sujet, et j’espère me tromper bien que je n’ai pas la télé pour vérifier, mais malheureusement l’expérience montre que sur des sujets d’une telle importance, l’information poubelle prime sur le débat de qualité.

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Cornélius Castoriadis – Une leçon de démocratie

Je vous invite à écouter et à ré-écouter attentivement un long entretien avec cet immense penseur que fût Cornélius Castoriadis. Je découvre petit à petit l’ensemble de son oeuvre, sa réflexion est tout à fait passionnante !

La vidéo en une partie sur ce lien, mais en mauvaise qualité audio : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=CJCq6Vy_YRM

Ou alors en bonne qualité mais en plusieurs parties (il faut descendre un peu la page principale, il s’agit de l’entretien avec Chris Marker) : http://castoriadis.org/fr/default.asp

Bon visionnage

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« Solutions locales pour désordre global »

Comme je l’évoquais à la fin de mon précédent post, lorsqu’il s’agit d’imaginer le fonctionnement concret de la démocratie, ceux qui découvrent le sujet ont tendance à penser que le nombre de citoyens constitue un obstacle majeur à sa réalisation. Or, cet argument s’inscrit dans le paradigme politique actuel, alors que le but de la réflexion actuelle est de changer RADICALEMENT la société et les institutions.

Cette impossibilité de penser en-dehors du cadre actuel est liée au bourrage de crâne auquel nous sommes soumis depuis notre naissance, et qui a fait naître chez nous la croyance que le système de gouvernement représentatif constitue la fin de l’histoire, le stade définitif, pour ne pas dire terminal, de l’organisation politique des hommes. Si nous voulons inventer des solutions aux problèmes économiques, sociaux, écologiques et énergétiques actuels, il est indispensable de changer en profondeur notre système de croyances.

Pour revenir à cette objection du nombre, je pense qu’il faut en premier lieu s’interroger sur la pertinence de l’échelle de gouvernance actuelle. Bien qu’ils se soient constitués au cours d’un long mouvement historique, nos Etats-nation sont des créations récentes à l’échelle de l’histoire de l’Humanité. Je pose néanmoins la question de savoir si ces agrandissements successifs sont plutôt le résultat de la volonté de mégalomanes en quête de puissance et de domination, ou plutôt le résultat de la volonté de peuples ayant cherché à s’unifier pour leur bien commun ?

Après réflexion, il ne m’apparaît pas comme une évidence que la forme actuelle des Etats-nations corresponde à une tendance naturelle des hommes à vouloir faire cité avec un nombre toujours plus important de citoyens. Au contraire, je crois ces unifications forcées pour des raisons qui ont été politiques, économiques ou religieuses, portent en elles les germes de futures séparation et d’un retour à des échelles de vie et donc de gouvernance plus petites. De nombreux exemples ces dernières années m’invitent à regarder dans cette direction : indépendance récente des pays des Balkans comme le Monténégro, le Kosovo ou la Croatie, le Sud-Soudan, mais aussi mouvements séparatistes au Pays Basque, en Catalogne ou au Mali (je pourrais multiplier les exemples).

Ainsi, je crois que les peuples aspirent plutôt à vivre en communautés restreintes, quelque centaines de milliers, quelques millions tout au plus, car les identités s’inscrivent dans le lieu, dans des aires géographiques restreintes. On se revendique d’une ville ou d’une région (je suis parisien, je suis breton), car c’est à ce niveau que les spécificités culturelles peuvent se développer et marquer le territoire, le différencier. C’est à l’échelle d’une commune ou d’une communauté de communes que l’on peut connaître les gens, les rencontrer facilement, partager des choses avec eux, en vrai. C’est pourquoi la démocratie doit être locale. Il faut donner, selon le principe de subsidiarité, le plus de pouvoir possible aux villes et faire remonter à l’échelon supérieur (communauté d’agglo) ce qui ne peut être fait à cette échelle de territoire.

Si l’on cherche des ressemblances  dans l’histoire, on observe qu’à l’époque de l’Athènes démocratique, les athéniens coexistaient très bien avec les autres cités dans lesquelles ils avaient installé la démocratie (raison pour laquelle les oligarques locaux firent appel à Sparte pour restaurer leur pouvoir durant ce que l’on appela la Guerre du Péloponnèse). Pour autant, ces nouvelles cités démocratiques ne partageaient pas de gouvernement commun.

A l’heure actuelle, l’exemple de l’Union Européenne me semble parfaitement illustrer mon propos : une union qui s’est faite à marche forcée, bien souvent sans, ou contre le consentement des peuples, avec pour but unique  de satisfaire l’appétit des multinationales et des banques (le fameux marché commun). Pour l’histoire officielle, celle que l’on nous vend à la télé et dans les livres d’histoire, la création européenne a permis surtout de faire disparaître les conflits armés au sein de nos frontières. Mais ce n’est qu’une illusion qui  masque que nous vivons une ère de guerre économique, dans des états de plus en plus sécuritaires (tentatives de limitation du net, fichage adn, passeport biométrique, télésurveillance) et que surtout, les conflits ont été délocalisés à la périphérie. On ne peut aujourd’hui qu’assister aux désastres.

Si nous voulons inverser la tendance, il ne faut plus déléguer notre pouvoir à des hommes de partis qui ne cessent de prendre des décisions à l’encontre de l’intérêt des peuples, mais nous devons reprendre le pouvoir en expérimentant localement de nouvelles formes de gouvernement, en écrivant nous même notre contrat social !

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Démocratie liquide

Pour répondre à une objection courante sur la démocratie, consistant à dire qu’il est impossible que chaque citoyen qui le souhaite vote les lois (impossible de se réunir tous les 4 matins, trouver le lieu adéquat, trop de monde…), il faut savoir que des outils sont en train d’être testés et développés à grande échelle sur internet, selon un principe que l’on appelle démocratie liquide.

Ce système consiste à voter soi-même les lois via une plate-forme internet sécurisée, si l’on se sent assez informé sur le sujet, soit à déléguer à l’avance son vote à des personnes qui vont nous représenter sur chaque sujet (mon prof d’éco pour les questions économiques, mon copain militant dans une ONG pour les questions sur l’agriculture, mon grand-père sur les questions sociétales..), mais en gardant la possibilité de reprendre la main ou de changer de représentant à tout moment si votre représentant vote un texte que vous n’approuvez pas.

Pour des explications détaillées, je vous invite à vous rendre sur le site : http://www.democracialiquida.org

Il existe (au moins) une autre initiative du même type à laquelle vous pouvez participer pour de vrai : http://liquidfeedback.testgentilsvirus.changeip.org/lf/

Autrement, il me semble que cette objection sur la faisabilité d’une véritable démocratie à 65 millions ou plus, soulève un autre débat bien plus important qui est celui de l’échelle de gouvernance adaptée à nos besoins. Je tenterai d’aborder cette question fondamentale plus en détails lors d’un prochain post.

Vous avez dit référendum ??

Il y a deux semaine de cela, j’étais à la première Up Conférence, anciennement Alter mardi, pour un débat sur le thème « La démocratie est-elle compatible avec le long terme? » Parmi les invités, un ancien Premier Ministre, Mr Rocard. Bien que je ne m’attendais à rien de radical ou de révolutionnaire dans les propos de ce monsieur, j’ai été vivement piqué au vif lorsqu’il s’est soudainement mis à attaquer le référendum. L’argument utilisé est le même que l’on peut lire ou entendre un peu partout depuis quelques années, à savoir que les peuples ne répondent jamais à la question initialement posée, mais qu’au contraire, ces affreux se servent de l’occasion qui leur est donnée de s’exprimer pour renvoyer le gouvernement en place dans les cordes.

Encore plus récemment, en lisant un article demandant aux parlementaires si ils auraient le « courage de construire (eux-mêmes) une République exemplaire? » (après tout pourquoi pas, on pourrait aussi demander aux banquiers de changer le système financier),  notre blogueur, qui jusqu’ici proposait de gentils réformes, se met lui aussi à casser du référendum avec le même argument à la mode, qui voudrait que les peuples ne sont qu’un ramassis d’illettrés et d’incompétents n’étant pas capable de comprendre une question et d’y répondre.

Il faut admettre que le camp des « anti-référendum » a gagné quelques belles batailles ces dernières années, avec notamment 2 coups d’éclat :

  • le « non » français au traité européen de 2005, qui a ensuite été ratifié par nos >représentants< en 2008,
  • le tour de force de l’UE et de ses membres, France et Allemagne en tête, qui ont fait pression sur le Premier Ministre Papandréou pour qu’il n’organise pas le référendum qu’il avait annoncé sur le> plan de sauvetage< (et qui a été suivi juste après par le renvoi des gouvernements Grecs et Italiens)

C’est vrai quoi, pourquoi s’embêter avec la souveraineté nationale et des gouvernements élus, lorsque des commissaires non élus peuvent décider du sort d’un pays ? Je voudrais rappeler à ceux qui me lise, la phrase de Mario Monti en 2011 avant d’être nommé par ses anciens collègues de la commission européenne pour prendre les rênes de l’Italie, disant que ce qu’il « apprécie dans l’Europe telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, c’est qu’elle est à l’abri des aléas de l’humeur de l’électorat et éloignée des contraintes électorales ». On ne peux plus clair !Il s’agit là encore de faits, les gouvernements oligarchiques européens et l’Union Européenne sont des régimes qui usent sans se cacher de méthodes autoritaires ! Et évidemment, pas un grand  média qui trouve à y redire quelque chose.

Il va donc de soit que nous devrions absolument refuser l’emploi d’expressions telles que « >démocrate européen< » ,  « >Europe démocratique< « ou « >Europe des peuples< » . Il est aussi de notre devoir d’arrêter de se faire insulter par ces professionnels de la politique qui ne cesse de prendre des décisions allant à l’encontre de l’intérêt des peuples, et qui en plus nous confisquent nos droits politiques. Il y en marre de les entendre dire tous les jours à la télé, à la radio ou dans la presse, que la situation est bien trop compliquée et que seuls des >experts< sont à même de la résoudre.

Et ce n’est pas comme si la société civile manquait d’idées et de solutions pour répondre aux problèmes actuels : récupération du pouvoir de création monétaire, sortie de l’UE, monnaies locales complémentaires, séparation des banques de dépôt et des banques d’affaire, non cumul des mandats, mandats courts et non renouvelables, référendum d’initiative citoyenne, revenu de base, socialisation du salaire, fin de la propriété lucrative… Si nous étions réellement en démocratie, les techniciens ne devraient avoir qu’un rôle de conseil, l’information proposerait un vrai débat contradictoire et  les peuples décideraient eux-même, en votant, des choix de société pour sortir de la crise.

Du bon usage du mot démocratie

« Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »

Abbé Sieyès, discours du 7 septembre 1789

« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. »

Montesquieu, L’esprit des lois, Livre II, Chapitre 2

C’est deux extraits ne laissent pas de place au doute ou à l’interprétation.

Un pays qui a recours à l’élection pour nommer les représentants du peuple est un pays de gouvernement représentatif. Par conséquent, la France n’est en AUCUN CAS, une démocratie, ni même une démocratie représentative. Ces 2 termes sont même antinomiques. Pour être plus précis, lorsque comme aujourd’hui, le pouvoir n’est plus exercé que par une petite classe dominante (2 partis politiques), il est plus correct de parler de gouvernement oligarchique. En novlangue actuelle, cela s’appelle de l’alternance démocratique…

Un véritable état démocratique est un état ou le peuple vote lui-même ses lois. Autrement dit, en démocratie, les citoyens sont autonomes (autos qui « signifie soi-même », nomos « la loi, règle »). Un électeur est hétéronome, il ne peut que choisir les maîtres qu’on lui impose et qui font les lois auxquelles il obéit. On voit vite dans lequel des 2 cas nous nous trouvons;

Avez-vous déjà voté une loi ? Avez-vous les moyens de révoquer ou de contrôler vos représentants ? Avez-vous le pouvoir de proposer une loi ? Vos représentants respectent-ils leurs engagements ? Vos représentants sont-ils compétents ? Vos représentants doivent-ils rendre des comptes à la fin de leur(s) mandat(s) ? Pouvez-vous proposer un amendement à une loi ?

La réponse à toutes ces questions est évidemment « Non » (à moins que vous ne soyez député)¸ et c’est normal, car nous ne sommes pas en démocratie. Comme le souhaitaient Sieyès et les bourgeois de son temps, depuis 200 ans les constitutions ont été écrites par les hommes au pouvoir dans le but de ne pas donner le pouvoir au peuple mais à ses représentants. Cependant, pour que le peuple se tienne tranquille, les nouveaux dirigeants se sont arrangés pour que nous apprenions à l’école et que l’on nous répète dans les médias que nous vivons en >démocratie<. Ainsi, en appelant >démocratie< nos régimes politiques actuels, nous appelons le problème du nom de la solution. Nous construisons donc nous-mêmes les barreaux de notre prison idéologique et politique

Si vous êtes réellement démocrate, je vous invite dans un premier temps à résister à la novlangue (mots identifiés entre >…<) en réalisant 2 petites actions d’autodéfense intellectuelle :

1- Ne plus employer le mot démocratie pour désigner le mode de gouvernement de la France ou de n’importe quel état qui a recours à l’élection de représentants pour décider du sort de la nation. Toutes expressions telles que « Le président a été démocratiquement élu », ou « Dans nos démocraties, on a la liberté d’expression » ou encore « On est en démocratie parce qu’on a le droit de vote » sont à bannir.

2- Signaler par un courriel chaque fois que le terme >démocratie< est employé dans une émission de radio/télévision, dans un article de journal ou sur internet, alors que le locuteur fait référence au régime de gouvernement oligarchique.

Pour résoudre ses problèmes d’impuissance politique, les peuples doivent écrire eux-mêmes leur contrat social. Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ! Il faut donc convoquer partout dans le monde de nouvelles assemblées constituantes, démocratiques, donc tirées au sort.

Un philosophe aujourd’hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n’aurions bientôt plus de mots pour le désigner négativement. 30 ans plus tard, le capitalisme s’appelle développement, la domination s’appelle partenariat, l’exploitation s’appelle gestion des ressources humaines et l’aliénation s’appelle projet. Des mots qui ne permettent plus de penser la réalité mais simplement de nous y adapter en l’approuvant à l’infini. Des « concepts opérationnels » qui nous font désirer le nouvel esprit du capitalisme même quand nous pensons naïvement le combattre…

Georges Orwell ne s’était pas trompé de date ; nous avons failli avoir en 1984 un « ministère de l’intelligence ». Assignés à la positivité, désormais, comme le prévoyait Guy Debord : « Tout ce qui est bon apparaît, tout ce qui apparaît est bon. »

Franck LEPAGE : Inculture(s) ou le nouvel esprit du capitalisme.

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